Pour une Europe de la paix, émancipée de la tutelle de l'OTAN

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Pour une Europe de la paix, émancipée de la tutelle de l’OTAN

 
Dans un monde instable, l’exigence de politiques assurant concrètement la paix est décisive. Nous voulons émanciper la France et l’Europe de la tutelle de l’OTAN. Nous faisons des propositions fortes :
- Retrait de l’OTAN de la France et appel à sa dissolution
- Démantèlement des bases anti-missiles des États-Unis en Roumanie et en Pologne
- Retrait des armes nucléaires étatsuniennes du sol européen (bombe B61)
- Enclencher un processus de négociation pour arriver à désarmement nucléaire multilatéral de l’Europe de l’Atlantique à l’Oural et du bassin méditerranéen.
- Ratification par l’UE du traité d’interdiction des armes nucléaires
- Interdiction sur le territoire de l’UE des robots tueurs autonomes
- Dans l’UE, la défense et la sécurité civile doivent rester des fonctions régaliennes des État membres et ne doivent en aucun cas être délégués à des entreprises privées.

 

L’Europe de la défense n’est qu’une apparence, la seule réalité qui existe est celle l’OTAN avec sa stratégie belliciste de guerre préventive et sa soumission aux choix politiques et industriels des États-Unis. La suspension du traité INF sur les forces nucléaire intermédiaire et sa prochaine abrogation conduisent à une reprise de la course aux armements nucléaires sur le continent européen, alors que sa signature avait permis un important mouvement de désarmement nucléaire dans les années 90 .
L’Union européenne ne conçoit aujourd’hui sa politique de défense qu’intégrée et subordonnée à l’OTAN. La « Politique européenne de sécurité et de défense commune » (PSDC) comme les projets d’armée européenne ne sont que des mythes. L’Union européenne n’a aucune capacité militaire opérationnelle autonome sérieuse. Seul le Fond européen de la défense a une timide réalité avec ses 13 milliards d’Euro investis sur dans quelques niches technologiques liées à des programmes d’armement.

Par contre l’Union européenne concoure avec L’OTAN et les États-Unis, à aggraver les tensions avec la Russie. Elle apporte son soutien politique aux manœuvres militaires dangereuses et provocatrices de l’OTAN autour de l’enclave de Kaliningrad et dans les pays baltes. La politique de l’UE en Ukraine, le soutien aux élargissements successifs de l’OTAN au mépris des engagements pris avec l’URSS, l’installation de bases anti missile étatsuniennes en Roumanie et Pologne, participent des cause de la reprise de la course aux armements nucléaires en Europe. Il ne s’agit pas de soutenir la Russie de Poutine mais de constater qu’il y a un couple OTAN-UE qui est en posture agressive menaçant ainsi la paix sur le continent. De plus comment est il possible d’être dans une alliance militaire et politique avec la Turquie d’Erdogan ?

Le poids ultra dominant de la culture stratégique étatsuniennes sur l’OTAN qui privilégie le capital par rapport à l’humain, conduit au détriment des soldats à une sur sophistication, avec des armements de plus en plus coûteux et complexes qui vont jusqu’à l’expérimentation de robots tueurs autonomes. Ce poids entraîne une intervention de plus en plus importante de sociétés privées dont le champ d’action ne se limite plus à l’entrainement ou à la logistique mais va jusqu’au combat, c’est-à-dire jusqu’au mercenariat et à la privatisation de la guerre.

Les État membres doivent garder le monopole de la violence militaire. Ils doivent s’interdire tout recours à des sociétés de militaires privées. Il ne doit pas être toléré que des entreprises européennes, publiques ou privées, entretiennent ou utilisent les services de véritables armées privées sur le territoire de certains pays étrangers. Aucune mission des forces armées ne doit être externalisée ou faire l’objet de partenariat public-privé

Donc :
- Retrait de l’OTAN de la France et appel à sa dissolution
- Démantèlement des bases anti-missiles des États-Unis en Roumanie et en Pologne
- Retrait des armes nucléaires étatsuniennes du sol européen (bombe B61)
- Enclencher un processus de négociation pour arriver à désarmement nucléaire multilatéral de l’Europe de l’Atlantique à l’Oural et du bassin méditerranéen.
- Ratification par l’UE du traité d’interdiction des armes nucléaires
- Interdiction sur le territoire de l’UE des robots tueurs autonomes
- Dans l’UE, la défense et la sécurité civile doivent rester des fonctions régaliennes des État membres et ne doivent en aucun cas être délégués à des entreprises privées.
Le projet militaire européen de Macron

L’action de Macron marque une rupture avec ses prédécesseurs, car il entend utiliser le militaire pour assouvir ses ambitions européennes. Certes pour lui, l’Otan reste le « cadre naturel » (sic) de la politique de défense de la France comme de l’Union européenne (UE) et le maintient d’une force nucléaire modernisée est « l’assurance vie du pays » (sic). Cependant contrairement à Sarkozy et Hollande, l’ambition de Macron ne se réduit pas à faire sa cour aux Etats-Unis afin de ravir à la Grande Bretagne la place de numéro deux de l’Otan. Avec le Brexit, Macron considère que l’armée française est maintenant sans rival en Europe. Il pense aussi qu’avec Trump, le désengagement militaire des Etats-Unis en Europe est inéluctable même s’il se conjugue de leur part avec une pression très forte sur les membres de l’Otan pour que leurs budgets militaires atteignent les 2% de leur PIB respectif. L’objectif des Etats-Unis est d’imposer une modernisation des armées de l’Otan à partir de leur standard technologique afin de renforcer l’hégémonie de leur complexe militaro-industriel et de placer entièrement les armées européennes sous la coupe du Pentagone via de le contrôle total leurs systèmes informationnels et logistiques.

Macron n’entend pas non plus se contenter d’essayer de faire participer d’autres pays européenne aux opérations militaires françaises en Afrique, ou d’obtenir des indulgences budgétaires de Bruxelles en faisant valoir le rôle de gendarme de la bande sahélo saharienne.
L’objectif de Macron est de faire d’une Europe de la défense « en complémentarité de l’OTAN », l’un des principaux piliers de la relance politique de l’UE vers une Europe fédérale. Cette question était au cœur de son discours de la Sorbonne sur la relance de l’Europe .
En effet à la Sorbonne, Macron remarque que « la 1ère clef, le fondement de toute communauté politique, c’est la sécurité » ce qui l’amène à affirmer que « ce qui fait manque le plus à l’Europe d’aujourd’hui (…) c’est une culture stratégique commune ». Il propose donc pour le « début de la prochaine décennie » de doter l’UE« d’une force commune d’intervention, d’un budget de défense commun et d’une doctrine commune pour agir ». Il s’agit donc de créer une armée fédérale européenne qui ne pourrait de fait qu’obéir aux ordres une Europe politique fédérale dans le cadre de l’OTAN. La 1ere traduction de cette volonté politique de Macron s’est traduit en novembre 2017 par l’engagement de 23 pays de l’UE dans un dispositif de Coopération structurée permanente sur la défense de nature contraignante en termes budgétaires, opérationnels, capacitaires et industriels.

Alors qu’il était encore que locataire de Bercy, Macron fut très actif sur le front des industries d’armement en organisant leur européanisation par des privatisations et des opérations de fusion, notamment au profit de l’Allemagne dans le domaine des armements terrestres. Il s’agit de constituer un complexe militaro-industriel privés européens de l’armement autour de la France, Allemagne, l’Espagne, de la Belgique et l’Italie, offrant des « solutions globales de sécurité et de défense » allant du matériel jusqu’au service, y compris sous des formes de mercenariat moderne. Alors qu’en 1997 la France était indépendante en matière d’industrie d’armement avec une majorité d’entreprise à capitaux publics, ce qui ne l’empêchait pas de participer à de nombreux programmes de coopération européenne, aujourd’hui elle dépend pour son armement essentiellement de groupes transnationaux à majorité de capitaux flottant privés. In fine, le choix politique de promouvoir des champions européens privés de l’armement à partir d’opérations financières spoliatrices pour l’État, n’a fait que renforcer la domination des Etats-Unis dans ce domaine stratégique.

Les ambitions militaires européennes de Macron se heurtent à de fortes résistances et des oppositions au sein de l’OTAN comme de l’UE : L’Allemagne se méfie de l’appétence de la France pour les interventions militaires extérieures, la Pologne, les pays baltes, l’Italie priorisent le lien transatlantique et les États-Unis n’entendent pas conjuguer leur désengagement relatif de l’Europe au détriment de son leadership militaire. Ainsi lors des dernières réunions impulsées par Florence Parly, l’Allemagne n’était même pas représentée au niveau ministériel et bien d’autres pratiquaient tout simplement la politique de la chaise vide.

Le fait qu’après le Brexit, la France devienne la 1ere puissance militaire de l’UE ne doit pas faire illusion, Macron n’a pas les moyens de se prévaloir d’une hégémonie militaire sur le continent. L’état de l’armée française est fortement dégradé : personnels clochardisés sans véritable perspective de carrière, matériels non opérationnels en raison de leur âge ou faute de moyens , trous capacitaires,…. Elle est enlisée au Mali dans une sanglante guerre d’usure faute de travailler à des solutions politiques. Ses capacités réelles face aux nouvelles menaces comme la cyber guerre interrogent. Enfin, le coût de la modernisation des forces nucléaires est estimé à 50 milliards € sur 20 ans sans garantie de ne pas être remise cause par les avancées technologiques en matière de détection sous-marine.

Notre vision des choses

Il faut retourner la proposition d’une défense européenne pilier de l’OTAN en lui opposant une Europe de la sécurité collective émancipée de l’OTAN.
Les principes d’une sécurité collective s’appuyant sur la convergence librement consenti des politiques de défense nationale des différents États membres de l’UE, impliquent que notre pays prenne la décision de quitter l’OTAN. C'est-à-dire de sortir à la fois du Traité de l’Atlantique Nord et du commandement militaire intégré. Une telle décision politique produirait un choc salvateur qui permettrait d’ouvrir le débat sur la fondation d’une sécurité collective européenne et méditerranéenne, de l’Atlantique à l’Oural, fondée sur la paix, la coopération et l’indépendance de chaque peuple

Au 21e siècle, au temps de la mondialisation des échanges, de la révolution du mariage des bits et atomes, de la raréfaction des matières premières, des crises climatiques, de la transition énergétique, une politique défense assurant à la paix et la souveraineté des peuples d’Europe n’est pas uniquement une question militaire c’est avant tout une affaire de stratégie géopolitique globale. On ne peut mettre en œuvre une politique de défense sans penser éducation, R&D, politique industrielle et technologique, santé, démographie, agriculture, maîtrise et protection des ressources naturelles…

L’Europe doit s’appropriait une politique et une stratégie de défense démocratique. C’est pourquoi, dans un monde devenu plus ouvert, plus complexe, mais où de nouveaux dangers se conjuguent à de nouvelles solidarités, nous avons dans ce domaine besoin d’urgence de nouveaux traités européens qui définissent une véritable politique de sécurité collective.

Les conséquences des transitions énergétiques et démographiques vont créer d’énormes tensions à l’intérieur et entre les différentes sociétés humaines. L’accélération des échanges rend particulièrement vulnérable nos sociétés à l’apparition de nouvelles pandémies qui pourraient provoquer de véritables chaos sanitaires. Les bouleversements climatiques vont entraîner des situations de catastrophes naturelles exigeant des capacités de réactions et d’actions immédiates d’où le besoin d’une véritable force européenne de sécurité civile mutualisant des moyens importants : avions cargos, hélicoptères lourds, bombardiers d’eau, navires amphibies, véhicules tout terrain, avions patrouilleurs maritimes.

La globalisation du mode de production capitaliste en concentrant dans un nombre très restreint de lieux des productions stratégiques indispensables à notre vie comme les semi conducteurs mais aussi nombre de médicaments, rendent particulièrement dépendante nos sociétés à la fluidité à la sécurité du transport maritime et aérien.

La révolution informationnelle, l’open source software et hardware, ont aboli les frontières géographiques et transgressé le principe même de propriété privée. Ils ont fait des savoirs et des savoir-faire les premières des richesses. Il y a une course de vitesse entre ceux qui veulent tout privatiser, du monde du vivant jusqu’aux théorèmes de mathématique et ceux qui raisonnent en termes de partage.

Les réseaux de télécommunication, les centres de stockage de données, les codes des logiciels sont devenus les champs de bataille de véritables cyber-guerres : espionnage industriel et économique, hacking, destruction de données et de nœuds de communication,… Ces cyber-guerres peuvent potentiellement mettre à genoux l’économie et le fonctionnement d’un pays, aussi surement qu’une campagne de bombardement massif d’infrastructures comme l’a montré le blackout électrique du Venezuela. Ainsi avec la NSA, les Etats-Unis pratiquent un espionnage industriel et commercial massif au profit des grandes transnationales à base nord américaine. La défense de l’UE se joue plus dans le cyberespace avec des hackers qu’avec des divisions blindées sur la trouée de Fulda. Cela doit impliquer la renaissance d’une industrie européenne des équipements de télécom, des microprocesseurs et de n’utiliser dans les armées, les institutions politiques, les infrastructures stratégiques que des logiciels libres ou/et européens et de bannir les systèmes propriétaires made in USA.

C’est à partir de ce nouveau contexte géopolitique extrêmement tendu et contradictoire, que l’Europe et la France doivent mener une politique extérieure visant à la résolution des conflits dans les cadres du respect des droits humains, du droit de chaque peuple à disposer de lui-même et des ressources de son territoire national, mais aussi en promouvant les notions de biens publics communs universels et le partage des savoirs et des savoirs faire. Cette politique de résolution des conflits doit conduire à la sécurité collective, au désarmement multilatéral et à la Paix. L’Europe se doit donc de militer activement pour l’éradication totale des armes biologiques et chimiques, et des robots tueurs autonomes.

C’est à partir de cette volonté politique et en lien avec le contexte géopolitique et stratégique réel, et avec l’objectif de protéger les intérêts vitaux des peuples d’Europe, leur souveraineté démocratique et leur indépendance que l’Europe doit élaborer sa doctrine de sécurité collective. Cette élaboration permettra d’évaluer les menaces et de définir les moyens nécessaires pour y parer, y compris en terme d’industrie de défense. L’objectif des industries de défense des États membres doit être d’assurer la base matérielle de leur politique de défense en s’émancipant du complexe militaro industriel américain et de la réglementation ITAR . Cette industrie ne doit plus viser l’exportation hors de l’UE, mais la réponse aux besoins spécifiques de défense des États membres. L’exportation hors UE doit devenir l’exception et non la règle. Elle doit être seulement motivée par des considérations politiques et non la recherche du profit.

Une politique de sécurité collective se doit participer à assurer la protection de toutes les femmes et tous les hommes résidents dans l’UE, ainsi que les divers patrimoines naturels, culturels et intellectuels. Elle doit protéger les peuples d’Europe contre toutes atteintes extérieures aux libertés fondamentales et aux droits humains. Elle doit garantir contre toutes ingérences les choix de politiques effectués démocratiquement par les peuples d’Europe. Elle implique aussi de permettre l’entière maîtrise des ressources de son sous-sol, de son sol, de ses fonds marins, de son espace aérien et de son agriculture à chaque État membre. Elle doit assurer l’accès des peuples d’Europe à l’éducation, à l’information, à la santé, à l’énergie, à la nourriture et à l’eau. Cette sécurité collective doit se construire avec nos voisins méditerranéens, mais aussi ultramarins des océans pacifiques et indiens, des caraïbes et d’Amérique latine. C'est à partir de politique de sécurité collective que la libre circulation sur les mers peut-être garantie ainsi que l'accès équitable de chacun aux ressources naturelles et aux matières premières.

A l’exception des missions de protection civile, en aucun cas une armée d’un État membre ne doit être impliquée dans des opérations de sécurité intérieure ou de maintien de l’ordre d’un autre État membre. L’Europe ne peut avoir d’ennemi intérieur. Il ne doit pas y avoir de confusion entre sécurité intérieure et sécurité extérieure.

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